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Nick Devereux


15 Novembre au 13 Décembre 2008

Appréhendés dans une monumentalité historiquement prêtée à la seule peinture, les dessins de Nick Devereux animent, plan par plan, des petits théâtres des vanités. L’artiste élabore préalablement ses dessins par l’assemblage incongru, le collage d’éléments hétéroclites dans une sorte de théâtre miniature dont il peut contrôler la lumière. Les figures qui auraient composé le sujet, dans la peinture classique, sont ici remplacées par des rebus de matière notamment textile, qui préfèrent la fourrure synthétique aux drapés, l’abstraction à la figuration. Bien qu’ancrés dans une tradition picturale forte, les dessins au fusain de Nick Devereux, en effet, s’émancipent de manière notable avec l’iconographie des genres historiques qu’ils rejouent. Des natures mortes, scènes d’histoire, portraits ne subsistent aucun élément identifiable. Et c’est bien ici que se joue l’autonomie et l’amplitude de ce travail, qui se construit ainsi entièrement sur les territoires de l’imaginaire. Aux yeux exercés à la reconnaissance immédiate de signes, les œuvres paraissent tout d’abord déceptives pour cause de perte de repères, avant que de réaliser les possibilités infinies de projection qu’elles offrent. Animés par un principe de libre association, les fragiles installations et dessins de l’artiste s’apparentent ainsi aux cadavres exquis du surréalisme et donnent lieu à une narration peuplée de chimères à peine esquissée. Sans craindre de mettre en lumière la panoplie d’un « freak show » imaginaire, Nick Devereux envisage la possibilité d’un autre Monde, où la frontière entre matière et pensée s’estomperait et où le théâtre remplacerait le spectacle.

 

L.C.