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Marion Verboom

 

Née en 1983 à Nantes. Vit et travaille à Paris.



Lœss, subst..masc
GÉOL. Terre limoneuse meuble, généralement riche en calcaire, fertile, composée d’éléments fins, jaunâtres, qui a le plus souvent été transportée par le vent et que l’on trouve en de nombreuses régions du globe comme la Chine, l’Europe centrale, la vallée du Rhin, l’Amérique du Nord, l’Argentine (Trésor de Langue Française Informatisée)

Lœss
Réalisée à l’occasion d’une récente résidence à Bois-le-Duc aux Pays-Bas, la dernière œuvre de Marion Verboom, Lœss, est composée d’un ensemble de huit volumes témoignant de l’extensibilité de son propos en matière de données processuelles et organiques, de passages et de traces. Née d’un champ d’inspiration où Ann Truitt côtoie l’univers baroque, Borges et Caillois, l’œuvre traduit les différentes étapes, variations et options d’un devenir sculptural décliné sous forme de colonnes de hauteurs et dimensions complémentaires dont l’agencement, ouvert, est synonyme de possibilités infinies. Ce caractère infini rejaillit notamment à travers les différentes textures expérimentées par l’artiste : mate, brillante, séchée, mordorée, émaillée ou pas. « La disposition des pièces, note Verboom, varie en fonction de l’espace d’exposition. L’enjeu de cette installation est de pouvoir décliner plusieurs propositions et de jouer avec les couleurs et la variation de la lumière. Les pièces peuvent êtres rapprochées pour que l’installation ne soit pas pénétrable ou au contraire dispersées dans l’espace pour que l’on puisse tourner autour des modules ». Pour son installation à Primo Piano, l’artiste a retenu une option intermédiaire, l’œuvre pouvant être pénétrée tout en donnant l’impression de constituer un ensemble compact traversé par des passages exigus qui n’ont de cesse de nous rappeler la vulnérabilité de la pièce. Mais aussi de celui ou de celle invités à la parcourir. Car cette œuvre n’existe finalement qu’en fonction des possibilités de dialogue qu’elle engendre, le spectateur étant obligé de se mouvoir afin d’en saisir, fragment après fragment, une totalité qu’il ne sera in fine jamais en mesure d’appréhender. Ce faisant, Verboom s’inscrit dans une tradition qui, pour s’en tenir à l’ère contemporaine, a, de Robert Morris à Richard Serra, placé la sculpture sous le signe d’une dimension anisotrope.

Erik Verhagen