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Kasper Sonne

THE TOTAL LOSS OF INNOCENCE REGAINED

25 Mai – 30 Juin 2012

Kasper Sonne (Copenhague, Danemark 1974), diplômé de l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, vit et travaille à New York. Ses expositions en cours et à venir en 2012 incluent une exposition personnelle au SALTS de Bâle, commissaire Samuel Leuenberger, ainsi que des expositions collectives: “Donatello parmi les fauves” à la Galerie Olivier Robert, commissaire Benjamin Bianciotto, “The Artist Is Not Present” au Musée Meulensteen de New York, commissaire Tali Wertheimer et Susi Kenna, “Rock Paper Scissors” à la Leila Heller Gallery de New York, commissaire Sam Bardaouil et Till Fellrath, ainsi que “Celebrity Skin” à la White Box Contemporary de New York, commissaire Raul Zamudio.



Les symboles sont profondément ancrés au sein de notre culture.
Nous communiquons grâce à eux, les achetons, les utilisons et les vendons.
Nous nous identifions à eux ou nous y opposons.
Parfois nous les remettons en question, les retirons pour les remplacer.
Mais bien souvent, nous les acceptons simplement comme des entités immuables qui organisent le monde.


Les oeuvres de Kasper Sonne sont esthétiquement minimalistes et conceptuellement critiques. Il explore en permanence des mots, structures et valeurs spécifiques afin de les contredire, de manière à ce qu’ils paraissent inhabituels et puissent s’offrir ainsi à de nouvelles définitions. Pour l’exposition The Total Loss of Innocence Regained (La perte totale de l’innocence retrouvée), cette stratégie artistique se déploie afin d’aborder l’un des plus forts symboles : le drapeau. Un symbole si statique et objectif, que l’organisation du monde en pays ne se pose plus. Quelques signifiants culturels, politiques et sociaux sont posés, ne variant entre eux que par quelques différences de combinaisons de couleurs et de formes géométriques. Sans titre (drapeau) n°1, Sans titre (drapeau) n°2 et Sans titre (drapeau) n°3 se basent tous sur le codex universel du ratio standardisé 3:5, développant ainsi des formes géométriques communes à presque tous les drapeaux. Cependant, les « drapeaux » de Sonne sont présentés dans des teintes noircies, les faisant apparaître résolument similaires. Ainsi il aborde le thème du caractère arbitraire du drapeau, posant la question « qui, quoi, décide des couleurs et formes qui seront données à tel ou tel ? ». Au milieu de l’espace d’exposition gît au sol Sans titre (tapis) n°2, de manière à absorber et enregistrer les empreintes potentielles de quiconque marcherait dessus. Les deux Sans titre (drapeau) et Sans titre (tapis), faits de moquettes bon marché utilisées habituellement dans les institutions publiques en raison de leur bas coût et du peu d’entretien qu’elles demandent, sont peintes à la main par l’artiste. Au sous-sol, Sans titre (propre), une publicité vantant les mérites du nettoyage, tourne en boucle, en mode marche arrière, infini. Ce mot de la fin reflète non seulement les promesses des stratégies commerciales, symbole absurde de l’efficacité du nettoyant pour sol qui nettoie ce qui n’a jamais été sale, mais aussi pour parodier Sans titre (tapis) n°2 situé à l’étage supérieur, qui sera de plus en plus taché par la poussière et la saleté en provenance de la rue.

The Total Loss of Innocence Regained nous invite à remettre en cause nos notions et normes de conduite, pas seulement par rap¬port au drapeau, l’un des signifiants les plus communs de la culture, mais aussi par rapport au choix effectué par le visiteur lorsqu’il arpente l’espace de la galerie. Soit l’on foule le sol en passant par la bande sans tapis afin d’éviter de marcher sur Sans titre (Tapis) n°2, soit l’on franchit la ligne, créant une dernière empreinte sur l’oeuvre.

 

Helene Lundbye Petersen, écrivain et commissaire indépendant

L’exposition a reçu le soutien du Danish Arts Council