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Harley Martínez

Né à Terrassa en Espagne en 1993.





UNVEILING
(REFLECTIONS ON SCAPE)
Cycle de trois présentations, commissariat de Andrea Rodriguez Novoa

3# Harley Martínez
 « El Milagro »

Sujet récurrent tout au long de l’histoire de l’art, la représentation du paysage a été longuement perçue en tant qu’acte de reproduction de la nature. Dépassant cette dimension contemplative, l’observation du paysage va par la suite acquérir une valeur constructive. L’aphorisme mallarméen : « On ne peindra pas la chose, mais l’effet qu’elle produit » pourrait être considéré comme précurseur d’une conception contemporaine de l’art en tant que véritable processus de création. Il vient constituer une rupture essentielle où la représentation devient un exercice intellectuel. La représentation prend dès lors une nouvelle ampleur en tant que réflexion créatrice à proprement parler.
UNVEILING (REFLECTIONS ON SCAPE) explore les processus de représentation du paysage les considérant comme une « hétérotopie» en ce qu’ils créent un espace réel, un espace qui est autre. Le mot paysage s’éloigne ici de sa connotation naturelle se déclinant, et prenant tout son sens dans sa traduction anglaise landscape (point de vue sur un territoire). Dans une émission radio de 1966, Michel Foucault caractérise les « hétérotopies » d’une manière moins académique les définissant comme « des sites qui sont incorporés dans des aspects et étapes de notre vie et qui reflètent en quelque sorte et en même temps défigurent, déstabilisent ou inversent les autres les espaces. » Dévoilant le regard de l’artiste, les vidéos montrées examinent les différentes couches de signification du paysage, et sa représentation en tant qu’espace ultime d’altérité, qui n’est ni ici, ni là, à la fois physique et mental.
La représentation devient alors un moyen d’exploration pour l’artiste lui permettant d’avancer en envisageant des hypothèses, en imaginant de nouveaux scénarios. La discontinuité temporelle de l’image en mouvement ouvre des possibilités de discours, par lesquelles l’image va acquérir une valeur et une identité permettant à l’artiste, non seulement de nous raconter le paysage contemporain mais de contribuer à sa construction.
Dans un autre glissement de signification le titre du projet fait référence aux différentes traductions françaises du terme anglais REFLECTION : reflet, réflexion et remarque. REFLECTION vient jouer sur cette signification multiple incluant le mode de représentation du paysage des artistes contemporains. Les artistes invités à l’occasion de ce cycle de présentations emploient l’image en mouvement pour créer des paysages et ouvrir une réflexion sur un territoire autre, suspendu entre l’espace et le temps.

Le troisième et dernier chapitre de UNVEILING (REFLECTIONS SUR SCAPE) est consacré au travail du jeune artiste espagnol Harley Martínez. Ses recherches qui se concentrent sur l’architecture et les phénomènes urbains, lui servent à concevoir des oeuvres, des expositions, des dispositifs et des idées qui sont chargés d’une puissance formelle et analytique. D’une grande force esthétique, son travail accorde une importance particulière à la relation entre l’élément artistique et sa perception afin de maintenir une cohérence entre ces deux éléments : d’une part la forme de la ville et sa perception par le sujet, d’autre part les tactiques et les stratégies qui sont construites autour d’un objet artistique pour en permettre une meilleure compréhension.
En 2014, Martínez a reçu le prix Sala d’Art Jove de la Generalitat de Catalunya, de Barcelone, grâce auquel il a produit « El Milagro »qui analyse, tout en les esthétisant, les paramètres avec lesquels on a construit massivement pendant le sur-développement de la ville.

Ce court métrage a été présenté au MACBA (Museu d’Art Contemporani de Barcelone) et a été publié sur les sites web Arch Daily et Plataforma Arquitectura. Avec ce film, qui nous amène à réfléchir sur le développement de la banlieue parisienne, Martínez présente également des nouvelles pièces sous forme de modèles d’architecture. Celles-ci s’inscrivent dans la réflexion du projet sculptural et de recherche « El milagro Gipuzkoa » (Le miracle de Gipuzkoa), faisant partie de « El Milagro Español » (Le miracle espagnol), projet multidisciplinaire qui cherche à découvrir, documenter, étudier et illustrer le phénomène économique éponyme d’où il vient. Les premières étapes de ce projet ont commencé lors de la résidence de l’artiste à Tabakalera où il a étudié et documenté l’impact du sur-développement sur le tissu urbain de San Sebastian. Il a organisé des débats et des ateliers sur l’urbanisme des années 60 à Gipuzkoa, et a travaillé à la préparation de la publication d’un essai qui sera disponible lors de cette présentation.

Andrea Rodriguez Novoa